Je pourrais vous parler de la sensation de s'allonger sur une route de campagne pour regarder les étoiles, là où elles scintillent le plus, de la sensation de ses yeux sur moi, je pourrais vous parler des couchers de Soleil & de tous ces clichés mille fois rabattus mais qui pourtant sont vrais. Je pourrais vous parler des bulles qui se forment quand on souffle dans du lait avec une paille, des expressions de son visage, je pourrais vous parler des couleurs du printemps, du bruit des vagues qui se fracassent. Je pourrais vous parler de son ombre qui ondule, de l'instant pendant lequel on allume une cigarette. Je pourrais vous parler des nuits passées sur la fenêtre, les bruits de la nuit & son odeur. Je pourrais vous parler de la capacité à se faire des films, et à sortir vidé du cinéma, du chapeau qui s'abaisse & des mains qui se crispent, des phalanges qui craquent après avoir été retournées en tous sens, et de la tête qui chancelle, de la poussière de craie, cette terne poussière, qui éclate dans les airs sans scintiller comme celle des étoiles, des bulles qui se collent aux poignets, de partir en lâchant doucement une main, quitter comme ça le cinéma ou la scène ou les pages, sortir vidé & s'inventer une autre histoire, une autre séquence-fiction. Je pourais vous parler de cette drôle d'impression dans le ventre, quand il se tord mais que c'est pourtant agréable, que ça fait vraiment du bien. You should be in my space, You should be in my life. Je pourrais vous parler de cette peur de l'Après, de la peur d'y penser, et de pourtant ne pouvoir s'en empêcher, pas même dans un pommier. Je pourrais vous parler de cette saturation lors de sa présence dans la même pièce que moi certaines fois, je pourrais vous parler du jardin & du grenier, je pourrais vous parler de ses mains, de ses veines, toujours cette fascination pour cette parcelle anatomique, du chocolat noir Nestlé Dessert & du son dans les tympans. Je pourrais vous parler des rires d'enfants & du sourire des plus vieux, des yeux qui pétillent & des veines, toujours ces vaines pensées, des voitures qui passent & des guitares qui prennent vies. Je pourrais vous parler de la jouissance de faire éclater du papier-bulle, d'entendre des voix graves. Je pourrais vous parler de l'intérêt de scruter les gens, leurs gestes, de fixer une image, un instant & de se dire que ça il faut s'en souvenir toute sa vie. De tout simplement respirer un grand coup, de foutre son poing dans un mur, et le Ping dans une fenêtre. De se planter à sa fenêtre & Regarder. Ou au contraire de se mettre à courir d'un coup, sans savoir à quel moment on s'arrêtera. Je pourrais vous parler de la façon dont la perception de l'environnement diffère alors. Je pourrais vous parler des trampolines & de son sourire. Je pourrais vous parler de ses rires et de ses bouteilles, de cette ambiance ennivrante. Je pourrais vous parler de ces lieux sur terres qui nous emmènent vers l'infini. Je pourrais vous parler du corps entouré d'eau & de sa fenêtre sans radeau. Je pourrais vous dire pourquoi j'écris toutes choses-là, je pourrais vous dire que j'ai beau écrire "ses lèvres, ses mains, son sourire, son ombre", ils n'appartiennent pas à une personne définie. Je pourrais vous dire que j'attends Le moment. Je pourrais vous dire pourquoi cette musique, je pourrais vous dire pourquoi je ris à un instant précis & stoppe instantanément, je pourrais vous parler de la pluie mais surtout du Soleil, merde ! Je pourrais encore longtemps vous emmerder avec ces mots creux. Je pourrais vous parler de moi et de la métamorphose. Je pourrais vous parler des mots qui giclent sans réflexion. Je pourrais vous décrire tout ce qui est suscité avec des détails à rallonge.
Je pourrais vous en parler, mais ce sont des sensations que tout le monde connaît, et puis de toute façon j'ai pas les bons mots, j'ai plus que les mollets, et comment voulez-vous que je fasse un poème avec ça ? Bah tant pis j'en ferai pas, j'ai plus d'envie, j'ai plus le courage.